la chapelle sainte Ergoueffe, le joyau caché sorti de l’oubli….

Grace à l’intervention des onze stagiaires encadrés par l’association L’ELAN’S ( organisme de formation basé à Valognes) dans le cadre des actions et chantiers de réinsertions financées entre autres par le Conseil Régional de Basse-Normandie, la mythique chapelle Sainte Ergoueffe a retrouvé une splendeur certaine.

La Légende

L’édification de cette ancienne chapelle est racontée par une légende.

Cette version a été rapportée au XIX ème siècle par l’archéologue Charles de Gerville.

” Une tradition du pays rapporte qu’un jour la statue de cette sainte, transportée comme par enchantement au milieu de la mer, vint s’échouer sur le rivage.

Un paysan qui passait, essaya de la transporter pour en faire ses pénates. Mais au bout d’un certain temps, les forces lui manquèrent et il fut contraint de la déposer.

Il parait que ce lieu était celui qu’avait choisi la Sainte, car aucune force humaine ne put l’en arracher. A la suite de cet incident et ne voulant pas l’abandonner dans une situation si peu digne d’elle, les habitants du pays lui élevèrent une chapelle qui subsiste encore aujourd’hui sous le nom de Sainte-Ergoueffe”.

Qui est Sainte-Ergoueffe

Le nom de la sainte à laquelle est dédiée la chapelle peut se trouver orthographié: Argoyfle, Argoille, Rergouelle, Ergouelle, Regonefe, Regonete, Regovefa, Genovefa Certains y ont vu une déformation de Genovefa /Geneviève, ou de Sainte-Gudule, patronne de la ville de Bruxelles. Elle fut aussi rangée au nombre des onze milles vierges, qui auraient été martyrisées au IV siècle à Cologne et dont la plus connue est Ursule.

Selon l’historien André Hamel, pour la population locale d’alors cela serait des forces mystiques, qui auraient cloué au sol la statue de la sainte. Elle ne pouvait être que sous l’emprise d’un sortilège, un sortin en vieux français. Le lieu fut donc baptisé Sortinvilla: ” le domaine au sortilège”. Peu peuplé à cette époque, Sortinvilla ne devait être qu’un hameau de Manneville/Pierreville.

La population s’étant accrue, une nouvelle paroisse fut créée au XII ème siècle et elle prit le nom de Surtainville.

La Chronologie

Vers le VIIe siècle

Le chapelle, qui aurait été érigée au VIIe siècle, serait un des plus anciens monuments du département de la Manche.

La maçonnerie de ce premier sanctuaire, qui n’était éclairé que par deux petites fenêtres en plein cintre perçant les murs gouttereaux, est disposée en arêtes de poisson (opus spicatum).

Au milieu du XIe siècle

Réhaussement de la chapelle

Avant l’an 1150

Jean de Muller avait donné la chapelle Sainte Ergoueffe, qui était le siège d’une léproserie, au prieuré Augustin de Brewton dans le comté du Somerset. Devenu comte de Somerset, Guillaume de Moyon, compagnon de Guillaume le Conquérant, avait confié ce prieuré au diocèse de Bath.

Vers 1180

La donation fut confirmée par le roi Henri II Plantagenet.

En 1204

Au retour du Duché de Normandie sous domination française, les religieux anglais qui ne pouvaient pas posséder du bien des deux cotés de la Manche; les deux pays étant souvent en guerre, firent des échanges avec les monastères français, qui étaient dan sel meme cas.

En 1260

L’abbaye bénédictine Saint-Martin de Troarn dans le calvados reçut donc la chapelle Sainte Ergoueffe.

Cette chapelle fut desservie jusqu’à la Révolution française, puis fut abandonnée.

Pendant la Révolution

A partir de 1790, la chapelle devient bien national.

En 1802

La commune de Surtainville récupère la chapelle, comme elle récupère l’église et le culte catholique.

En 1807

La toiture fut démolie et les débris du mobilier intérieur récupérés afin d’effectuer des réparations urgentes dans l’église paroissiale et de restaurer les bancs de la nef.

Depuis 1823

La statue de Sainte Ergoueffe en pierre polychromée est placée dans la chapelle sud de l’église de Surtainville.

Elle présente un livre ouvert de la main gauche et devait autrefois porter dans la main droite, une lanterne, qui est l’attribut donné ordinairement aux vierges pour symboliser leur sagesse et leur vigilance.

A partir de 1823

Abandon de la chapelle

Vers 1950

Le choeur est détruit, cette disparition empêche désormais d’estimer la date précise de construction de cette partie de l’édifice.

Le monument de nos jours

Aujourd’hui, il ne subsiste que la nef rectangulaire de la chapelle romane orientée.

Ses murs latéraux sont flanqués de six ouvertures en plein cintre, dont trois ont été bouchées postérieurement,et d’une porte, au sud, dont les pierres de taille ont en grande partie été subtilisées.

Bien qu’ayant perdu sa clef, l’arc triomphal en plein cintre résiste toujours aux agents atmosphériques qui, inlassablement, ont buriné les pierres de taille au point d’avoir creusé profondément et uniformément les deux faces des éléments formant l’intrados de l’arc. Cet arc, orné sur ses deux faces de deux tores, repose sur des chapiteaux sculptés, aux tailloirs ornés de rinceaux végétaux.

Le chapiteau Nord du coté de la nef représente un homme ailé à bonnet phrygien, à califourchon sur un animal à gueule ouverte. Devant lui, se dresse un serpent qui crache du feu. Cette scène semble représenter Samson muni d’ailes luttant avec le lion auquel il d »chaire la gueule. Le bonnet phrygien porté par Samson est souvent représenté dans l’art du Cotentin.

Sur le chapiteau Sud du coté de la nef, on voit un quadrupède ( peut être un lion ). Sa tête se retourne vers une tête humaine dont la moustache s’enroule en volutes d’angles.

La chapelle Saint Ergoueffe est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis le 2 février 1993 en raison notamment de la grande qualité de ses chapiteaux sculptés, continue inlassablement à se détériorer sans que rien ne soit fait pour empêcher que le monument s’écroule. Aujourd’hui, sauver ce monument c’est répondre favorablement à l’appel désabusé du pionnier de l’archéologie bas-normande, Charles de Gerville, lancé le vendredi 30 octobre 1840, en ces mots: » Tel est en ce moment l’état de cette curieuse chapelle. Les ronces et le lierre croissent sur ces ruines, et bientôt  probablement sa destruction totale nous privera d’un monument qu’il aurait été si important de conserver ».

LA REHABILITATION: Le chantier entrepris pendant l’été 2011

Le propriétaire: Actuellement, Jean BARBEY en est le propriétaire. Il a signé une autorisation provisoire d’intervention sur l’édifice avec un périmètre autour et un accès libre dans l’attente d’une éventuelle transaction. Qu’il en soit remercié.

Les partenaires:

Les monuments historiques: L’architecte des bâtiments de France et la technicienne avec la présence de Madame le Maire, monsieur et madame Barbey et l’association historique se sont rendus sur place le 10 mai 2011 et par compte rendu ont donné des recommandations.

La mairie: Le conseil municipal a validé le projet des stagiaires et favorisé leur accueil. Le personnel communal les a aidés dans les réalisations.

L’ELANS: organisme de formation qui a recruté 11 stagiaires du secteur géographique. Le Conseil Régional de Basse Normandie a financé  cette action. Trois formatrices ont encadré les stagiaires du 20 juin au 20 septembre 2011. Le projet a été initié par Madame Lydie LEGER.

Les stagiaires ont élaboré un projet autour de la chapelle. Le projet s’est réalisé dans le respect de la nature et du patrimoine en prenant en compte les recommandations de l’Architecte des Bâtiments de France.

L’Association Historique Surtainvillaise Edouard-Denis Dumont a favorisé l’avancée du projet par des rencontres avec Madame le Maire, l’Architecte des Bâtiments de France, les responsables de la formation des stagiaires de l’ELANS, les stagiaires, le conférencier monsieur Julien DESHAYES. Tout l’été, le membres de l’association se sont relayés pour le suivi du chantier. L’apport historique a été réalisé par l’association et la visite guidée de Julien DESHAYES.

 

à suivre article paru dans Horizons Surtainvillais écrit par Yvette Duchemin et Bernadette Lebrun de l’Association Historique Surtainvillaise Edouard-Denis Dumont

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